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Nous livrons ici les notes de préparation de ce plateau, fruit d'un entretien entre Jean-Pierre BLETTNER, que nous remercions chaleureusement, et les deux intervenants : (vous verrez que les interventions débordent très largement du cadre de ces notes liminaires, et c'est très bien : portés par le la dynamique du plateau, Nicolas Sadirac et Serge Soudoplatoff furent bien inspirés !) Entretien avec  Serges Soudoplatoff :  1/ Quelles évolutions voyez-vous dans les métiers et dans les compétences numériques à moyen et long terme ? Quels types de profils vont apparaître ? La question est duale. Il faut distinguer les métiers qui construisent les outils numériques des métiers traditionnels qui doivent évoluer dans un univers numériques. Les premiers s’intéresseront davantage à l’évolution des technologies (faire une vidéo dans un esprit crowd funding, programmer en 3D, concevoir de la réalité augmentée, développer des objets intelligents…), les second, sur la culture et l’usage numérique (évolution du directeur marketing vers le community manager…).   2/ Comment peut-on préparer des professionnels à des métiers du numérique que l’on ne connaît pas ou que l’on ne maîtrise pas encore ? Le numérique est un nouvel alphabet. Les leviers sont essentiellement culturels. Ces nouveaux principes repose sur une approche systémique en opposition à une projection linéaire du passé sur le futur. Il faut donc apprendre à apprendre afin de développer des capacités d’agilité dans un environnement trop complexe pour le maîtriser de bout en bout. Il s’agit d’une révolution culturelle.   3/ Comment prépare-t-on les leaders du numérique de demain ? Le leader de demain doit penser « Systémique ». C’est à l’encontre de la façon de penser des dirigeants politiques et d’entreprises actuels. Les élites sont formées sur la base d’un comportement individualiste alors qu’il faudrait les préparer à travailler dans un cadre collectif. La somme de ces élites intelligentes individuellement, ne forme pas un système collectif intelligent. Il faudrait arriver à supprimer des symboles discriminants comme les notions de cadre/non cadre, Maîtrise d’ouvrage/ Maîtrise d’œuvre, reconsidérer les codes hiérarchiques et les contrats de travail, faisant passer ces derniers de contrats de subordination à contrats de coordination.   4/ Comment la France et l’Europe doivent-elles se positionner afin de réussir face l’hégémonie américaine ou chinoise ? En France, nous formons de très bons ingénieurs mais les entrepreneurs sont dévalorisés. Il faut décomplexifier tout ce qui entoure les lourdeurs administratives et légales autour de la création d’entreprises (lois sociales, ISF…). Il faut contextualiser les lois, ne pas faire la même loi pour tout le monde. L’introduction une vraie compétition entre syndicats apporterait une oxygénation sociale. A l’instar du modèle US, les administrations devraient être soumises à un small business act visant à avoir recours aux PME pour un pourcentage de leur budget en R&D. Les PME progresseront davantage à avoir des clients exigeants que de bénéficier d’aides. La lutte contre une hégémonie US ou chinoise passe par une uniformisation des lois fiscales à l’échelon continental résolument tournée vers une Europe fédéraliste.   Entretien avec Nicolas Sadirac :   1/ Quelles évolutions voyez-vous dans les métiers et dans les compétences numériques à moyen et long terme ? Quels types de profils vont apparaître ? Y-aura-t-il des penseurs d’un côté et des développeurs d’un autre ? Je ne vois pas de frontière entre penseur et développeur. La créativité et la collaboration sont essentielles. Il faut former des gens créatifs et collaboratifs.  La maîtrise d’outils, comme la programmation, est plus simpliste. L’important est de créer le logiciel avec le client et avec l’utilisateur. Notre point de vue à école 42 est qu’il faut des gens capables de co-inventer avec les clients. Bien transcrire ensuite en logiciel, c’est le petit bout de la lorgnette.   2/ Comment peut-on préparer des professionnels à des métiers du numérique que l’on ne connaît pas ou que l’on ne maîtrise pas encore ? Faut-il enseigner un corpus de connaissances en mathématiques, statistiques, marketing et business ? Déjà, je ne crois pas à la notion de métier. Je n’imagine pas des gens faisant le même métier durant dix ans. Il faut décloisonner. Il faut des gens agiles.  Il faut rendre les gens agiles, capables de co-inventer, de collaborer.  Personnellement, je ne pense pas qu’il faille ce corpus [ NDLR : en mathématiques, statistiques, … ].On ne manque pas de ces compétences. Par exemple, il y a pléthore de docteurs en mathématiques en France. On manque de gens capables de faire travailler les gens ensemble. Je les appelle les « synergiseurs. » C’est différent d’un chef d’orchestre que l’on suivrait. Il s’agit de mettre les gens ensemble pour faire tourner les problématiques, faire émerger la conscience de ce qu’il faut faire. Il s’agit de faire une œuvre collective, que personne dans le groupe ne pouvait prévoir avant. Un exemple c’est le viaduc de Millau. Chacun avait sa problématique, le désenclavement de la région, le respect de la nature, les contraintes d’ingénieur, … Quelqu’un a « synergisé » tout ça et cela donne un monument classé au patrimoine mondial. Ce sont les processus que nous voulons mettre en place.    4/ Comment la France et l’Europe doivent-elles se positionner afin de réussir face l’hégémonie américaine ou chinoise ? La France est un carrefour en Europe, entre le Nord – qui est carré – et le Sud – Latin. Nous devons cultiver cette spécificité entre nos côtés latin et allemand. Notre chance est là. Nous sommes à la fois très créatifs et rigoureux.  Le problème de la France c’est qu’il s’agit d’un pays ultra-corporatiste avec une prégnance des élites qui se protègent.  Nous jouons la course de la concurrence internationale avec 10% de la population. Le système des élites est d’ailleurs en train lui-même d’en mourir. Quant à l’Europe, les processus européens sont peu appliqués. La France ne respecte pas du tout le processus de qualification des métiers définis par l’Europe. La France a triché dans le système de classification des diplômes européens. Tout cela vient du fait que l’Europe fonctionne sur la base du consensus. Dès qu’un pays n’est pas d’accord, on entre dans le politique et non dans le technique. L’Europe manque de pouvoir. 
Qu’est-ce qui vous rend pertinents pour ce sujet ?
Les concepts à introduire
Quelles sont les bonnes questions à se poser
Quels sont les enjeux dans le sujet qui touchent à la façon dont nous envisageons nos métiers et à leurs évolutions
Pour comprendre les possibilités de mise en oeuvre de ces idées : quelles sont vos préconisations pour passer à l'action et mettre vos idées en oeuvre ?
En forme de synthèse : le numérique peut-il être considéré comme un "secteur" industriel comme un autre ?
Webcast
notes
Intervenants (3)
AUDIENCE
 
Sujet proposé par Frédéric LAU
Organisation par Frédéric BASCUNANA
Format : Talkshow interactif
Traitement : Débat d'idées
Secteur d'activité : Informatique / Web / Logiciels / Infrastructures & Réseaux
 
Intervenants :

Nous livrons ici les notes de préparation de ce plateau, fruit d'un entretien entre Jean-Pierre BLETTNER, que nous remercions chaleureusement, et les deux intervenants :

(vous verrez que les interventions débordent très largement du cadre de ces notes liminaires, et c'est très bien : portés par le la dynamique du plateau, Nicolas Sadirac et Serge Soudoplatoff furent bien inspirés !)


Entretien avec  Serges Soudoplatoff : 

1/ Quelles évolutions voyez-vous dans les métiers et dans les compétences numériques à moyen et long terme ? Quels types de profils vont apparaître ?

La question est duale. Il faut distinguer les métiers qui construisent les outils numériques des métiers traditionnels qui doivent évoluer dans un univers numériques.

Les premiers s’intéresseront davantage à l’évolution des technologies (faire une vidéo dans un esprit crowd funding, programmer en 3D, concevoir de la réalité augmentée, développer des objets intelligents…), les second, sur la culture et l’usage numérique (évolution du directeur marketing vers le community manager…).

 

2/ Comment peut-on préparer des professionnels à des métiers du numérique que l’on ne connaît pas ou que l’on ne maîtrise pas encore ?

Le numérique est un nouvel alphabet. Les leviers sont essentiellement culturels.

Ces nouveaux principes repose sur une approche systémique en opposition à une projection linéaire du passé sur le futur.

Il faut donc apprendre à apprendre afin de développer des capacités d’agilité dans un environnement trop complexe pour le maîtriser de bout en bout.

Il s’agit d’une révolution culturelle.

 

3/ Comment prépare-t-on les leaders du numérique de demain ?

Le leader de demain doit penser « Systémique ». C’est à l’encontre de la façon de penser des dirigeants politiques et d’entreprises actuels.

Les élites sont formées sur la base d’un comportement individualiste alors qu’il faudrait les préparer à travailler dans un cadre collectif.

La somme de ces élites intelligentes individuellement, ne forme pas un système collectif intelligent.

Il faudrait arriver à supprimer des symboles discriminants comme les notions de cadre/non cadre, Maîtrise d’ouvrage/ Maîtrise d’œuvre, reconsidérer les codes hiérarchiques et les contrats de travail, faisant passer ces derniers de contrats de subordination à contrats de coordination.

 

4/ Comment la France et l’Europe doivent-elles se positionner afin de réussir face l’hégémonie américaine ou chinoise ?

En France, nous formons de très bons ingénieurs mais les entrepreneurs sont dévalorisés.

Il faut décomplexifier tout ce qui entoure les lourdeurs administratives et légales autour de la création d’entreprises (lois sociales, ISF…).

Il faut contextualiser les lois, ne pas faire la même loi pour tout le monde. L’introduction une vraie compétition entre syndicats apporterait une oxygénation sociale.

A l’instar du modèle US, les administrations devraient être soumises à un small business act visant à avoir recours aux PME pour un pourcentage de leur budget en R&D.

Les PME progresseront davantage à avoir des clients exigeants que de bénéficier d’aides.

La lutte contre une hégémonie US ou chinoise passe par une uniformisation des lois fiscales à l’échelon continental résolument tournée vers une Europe fédéraliste.

 

Entretien avec Nicolas Sadirac : 

1/ Quelles évolutions voyez-vous dans les métiers et dans les compétences numériques à moyen et long terme ? Quels types de profils vont apparaître ? Y-aura-t-il des penseurs d’un côté et des développeurs d’un autre ?

Je ne vois pas de frontière entre penseur et développeur. La créativité et la collaboration sont essentielles. Il faut former des gens créatifs et collaboratifs.  La maîtrise d’outils, comme la programmation, est plus simpliste. L’important est de créer le logiciel avec le client et avec l’utilisateur. Notre point de vue à école 42 est qu’il faut des gens capables de co-inventer avec les clients. Bien transcrire ensuite en logiciel, c’est le petit bout de la lorgnette.

 

2/ Comment peut-on préparer des professionnels à des métiers du numérique que l’on ne connaît pas ou que l’on ne maîtrise pas encore ? Faut-il enseigner un corpus de connaissances en mathématiques, statistiques, marketing et business ?

Déjà, je ne crois pas à la notion de métier. Je n’imagine pas des gens faisant le même métier durant dix ans. Il faut décloisonner. Il faut des gens agiles.  Il faut rendre les gens agiles, capables de co-inventer, de collaborer. 

Personnellement, je ne pense pas qu’il faille ce corpus [NDLR : en mathématiques, statistiques, …].On ne manque pas de ces compétences. Par exemple, il y a pléthore de docteurs en mathématiques en France. On manque de gens capables de faire travailler les gens ensemble. Je les appelle les « synergiseurs. » C’est différent d’un chef d’orchestre que l’on suivrait. Il s’agit de mettre les gens ensemble pour faire tourner les problématiques, faire émerger la conscience de ce qu’il faut faire.

Il s’agit de faire une œuvre collective, que personne dans le groupe ne pouvait prévoir avant. Un exemple c’est le viaduc de Millau. Chacun avait sa problématique, le désenclavement de la région, le respect de la nature, les contraintes d’ingénieur, … Quelqu’un a « synergisé » tout ça et cela donne un monument classé au patrimoine mondial. Ce sont les processus que nous voulons mettre en place. 

 

4/ Comment la France et l’Europe doivent-elles se positionner afin de réussir face l’hégémonie américaine ou chinoise ?

La France est un carrefour en Europe, entre le Nord – qui est carré – et le Sud – Latin. Nous devons cultiver cette spécificité entre nos côtés latin et allemand. Notre chance est là. Nous sommes à la fois très créatifs et rigoureux. 

Le problème de la France c’est qu’il s’agit d’un pays ultra-corporatiste avec une prégnance des élites qui se protègent.  Nous jouons la course de la concurrence internationale avec 10% de la population. Le système des élites est d’ailleurs en train lui-même d’en mourir.

Quant à l’Europe, les processus européens sont peu appliqués. La France ne respecte pas du tout le processus de qualification des métiers définis par l’Europe. La France a triché dans le système de classification des diplômes européens. Tout cela vient du fait que l’Europe fonctionne sur la base du consensus. Dès qu’un pays n’est pas d’accord, on entre dans le politique et non dans le technique. L’Europe manque de pouvoir. 


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