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Le hasard a fait qu'en une semaine, j'ai eu des échanges avec deux camarades de jeu qui m'ont consulté sur le lancement d'un nouveau medium 100% numérique. Las, malgré le contexte d'infobésité généralisée nous sommes toujours de plus en plus à nous passionner pour la production de contenus - c'est une noble et passionnante occupation, et d'un point de vue purement subjectif, comment pourrions-nous condamner cet élan de créativité des plus stimulants par le constat lucide et castrateur qu'impose l'atomisation de l'attention des internautes entre un nombre incalculable de sources ? Comment intégrer cette idée pourtant terriblement démoralisante pour tout producteur de contenus qui veut qu'aujourd'hui, il y ait mécaniquement infiniment plus de contenus en ligne que la population mondiale ne peut en consommer ? Et que, par équation mathématique, la vaste majorité des initiatives soient condamnées à l'oubli avant même d'avoir pu émerger et trouver leur public. Mes contacts m'ont demandé si nous pouvions leur fournir une plateforme (sur le modèle de cafeine.tv) leur permettant de lancer une webTV sociale en France et une autre en Tunisie. Et bien sûr, ma réponse fut la suivante : la plateforme n'est qu'un outil et ne fait pas tout. Mais le plus intéressant c'est que dans les deux cas, ce ne soient pas des demandes clients traditionnelles : ils me proposent de m'associer à leur initiative, d'en partager possiblement les revenus en apportant ma pierre (expérience et plateforme) à l'édifice. Flatté, je ne me suis certes pas spectaculairement enrichi en développant mes webTV collaboratives, du moins ai-je eu la possibilité d'en vivre confortablement - et je n'ai aucune difficulté avec le simple de fait de partager avec quiconque souhaite en savoir plus, sur la façon dont je tire mon épingle du jeu. Mais leurs demandes m'ont obligé à leur répondre par de premiers conseils basés sur ce que j'ai lu de leurs propositions. On sait depuis le Neveu de Rameau que le meilleur moyen d'apprendre, c'est d'enseigner. Leur répondre sur la bonne façon de formaliser le business plan de leurs media numériques m'a naturellement poussé à formaliser ma propre pensée : enfin mobilisé par la nécessité immédiate d'arborer un point de vue extérieur, devenir l'investisseur/partenaire, et transcender les limites de mon habituelle subjectivité sur le sujet. Je livre donc ici des réflexions qui seront peut-être utiles à quiconque souhaiterait aborder ce type d'aventure en se posant les bonnes questions qui positionnent le projet en capacité de trouver : son audience,  son modèle économique,  tout en apportant du nouveau dans un secteur encombré. Je propose au passage à ceux que cela pourrait motiver d'en faire l'objet d'une rencontre exploratoire : meet-up ou même talk TV filmé conformément à mon habitude, sur un thème posant de façon plus générale la question suivante : Peut-on encore lancer des media numériques et en vivre ? Pour m'aider à préparer le sujet n'hésitez pas à traiter quelques-unes des questions-clés utiles à préparer le débat  dans l'onglet ici-même .        "Aidez-nous à préparer ce sujet"    C'est la meilleure manière de faire connaître et positionner votre expertise tout en vous assurant que les points à vos yeux importants ne seront pas oubliés dans le conducteur du talk.   En attendant je livre la substance des remarques adressées à mes camarades, sans réinventer les conseils généralistes qui abondent sur tant d'autres sources quant à l'élaboration d'un business-plan, mais en me concentrant sur quelques pistes de bon sens : en les lisant vous aurez l'impression quelles sont évidentes, pourtant je vous assure qu'il est infiniment plus compliqué de se discipliner pour les conserver à l'esprit au moment de la mise en oeuvre.   En espérant qu'elles aient valeur de conseils pragmatiques pour tous ceux que cela pourrait intéresser, et que vous n'hésiterez pas à les compléter, voici donc l'essentiel de ce que je leur ai répondu : 
Notes
Aidez-nous à
préparer ce sujet !
Intervenants (1)
AUDIENCE
Web-TV,
mode d’emploi
 

Le hasard a fait qu'en une semaine, j'ai eu des échanges avec deux camarades de jeu qui m'ont consulté sur le lancement d'un nouveau medium 100% numérique.

Las, malgré le contexte d'infobésité généralisée nous sommes toujours de plus en plus à nous passionner pour la production de contenus - c'est une noble et passionnante occupation, et d'un point de vue purement subjectif, comment pourrions-nous condamner cet élan de créativité des plus stimulants par le constat lucide et castrateur qu'impose l'atomisation de l'attention des internautes entre un nombre incalculable de sources ?

Comment intégrer cette idée pourtant terriblement démoralisante pour tout producteur de contenus qui veut qu'aujourd'hui, il y ait mécaniquement infiniment plus de contenus en ligne que la population mondiale ne peut en consommer ?

Et que, par équation mathématique, la vaste majorité des initiatives soient condamnées à l'oubli avant même d'avoir pu émerger et trouver leur public.

Mes contacts m'ont demandé si nous pouvions leur fournir une plateforme (sur le modèle de cafeine.tv) leur permettant de lancer une webTV sociale en France et une autre en Tunisie. Et bien sûr, ma réponse fut la suivante : la plateforme n'est qu'un outil et ne fait pas tout.

Mais le plus intéressant c'est que dans les deux cas, ce ne soient pas des demandes clients traditionnelles : ils me proposent de m'associer à leur initiative, d'en partager possiblement les revenus en apportant ma pierre (expérience et plateforme) à l'édifice. Flatté, je ne me suis certes pas spectaculairement enrichi en développant mes webTV collaboratives, du moins ai-je eu la possibilité d'en vivre confortablement - et je n'ai aucune difficulté avec le simple de fait de partager avec quiconque souhaite en savoir plus, sur la façon dont je tire mon épingle du jeu.

Mais leurs demandes m'ont obligé à leur répondre par de premiers conseils basés sur ce que j'ai lu de leurs propositions.

On sait depuis le Neveu de Rameau que le meilleur moyen d'apprendre, c'est d'enseigner.

Leur répondre sur la bonne façon de formaliser le business plan de leurs media numériques m'a naturellement poussé à formaliser ma propre pensée : enfin mobilisé par la nécessité immédiate d'arborer un point de vue extérieur, devenir l'investisseur/partenaire, et transcender les limites de mon habituelle subjectivité sur le sujet.

Je livre donc ici des réflexions qui seront peut-être utiles à quiconque souhaiterait aborder ce type d'aventure en se posant les bonnes questions qui positionnent le projet en capacité de trouver :

  • son audience, 
  • son modèle économique, 
  • tout en apportant du nouveau dans un secteur encombré.

Je propose au passage à ceux que cela pourrait motiver d'en faire l'objet d'une rencontre exploratoire : meet-up ou même talk TV filmé conformément à mon habitude, sur un thème posant de façon plus générale la question suivante :


Peut-on encore lancer des media numériques et en vivre ?

Pour m'aider à préparer le sujet n'hésitez pas à traiter quelques-unes des questions-clés utiles à préparer le débat dans l'onglet ici-même. 


    "Aidez-nous à préparer ce sujet"   


C'est la meilleure manière de faire connaître et positionner votre expertise tout en vous assurant que les points à vos yeux importants ne seront pas oubliés dans le conducteur du talk.

 

En attendant je livre la substance des remarques adressées à mes camarades, sans réinventer les conseils généralistes qui abondent sur tant d'autres sources quant à l'élaboration d'un business-plan, mais en me concentrant sur quelques pistes de bon sens : en les lisant vous aurez l'impression quelles sont évidentes, pourtant je vous assure qu'il est infiniment plus compliqué de se discipliner pour les conserver à l'esprit au moment de la mise en oeuvre.

 

En espérant qu'elles aient valeur de conseils pragmatiques pour tous ceux que cela pourrait intéresser, et que vous n'hésiterez pas à les compléter, voici donc l'essentiel de ce que je leur ai répondu : 

La premier réflexe de tout porteur d'un projet éditorial c'est de décrire par le menu les sections, les thématiques, les créations qu'il prévoit. C'est un réflexe bien compréhensible : c'est par là que le rêve éclôt et s'épanouit en une puissante motivation, stimulante et sincère.
L'intention éditoriale incarne l'esprit ambitieux dans lequel il est par ailleurs bienvenu de faire se projeter les premiers partenaires - à commencer par soi, en découvrant ses envies, en intériorisant le mode de vie qui va avec. 
Mais dans le cas des camarades qui me consultent le plus souvent, ces premières formalisations manquent quasi systématiquement et cruellement de consistance sur la partie financière : le business plan qui aligne avec rigueur les coûts et les premières sources de revenu concret. Il y a toujours cette très vague impression que si le contenu est bon, les sponsors suivront et on y verra clair plus en aval dans le déroulement du projet. L'éditorial comme alibi trompeur.

Or un projet éditorial est un produit comme un autre : 

Sur le plan du marketing de l'objet médiatique il faut envisager et décrire :

  • les premières alliances stratégiques (sources de légitimité quand on s'installe dans un écosystème),
  • des produits ultra formatés,
  • le Go-to-market (qui vend comment quoi), 
  • l'écosystème des contributeurs (une assise et un système solide à prévoir avant que la croissance et la montée en puissance ne soient confirmées) 

Garder à l'esprit que nous ne vivons plus dans un monde où la qualité éditoriale se vend d'elle-même.

Le buzz est atomisé au même titre que l'attention du consommateur entre un nombre incommensurable d'univers. 

 

Regarder en face la réalité :

  • un monde d'infobésité, une audience blasée, qui n'attendent plus de nouveaux media mais réagit et s'épuise (presque malgré lui, compulsivement) dans le flot du clickbait,
  • l'impression erronnée que laissent aux derniers nostalgiques le souvenir des années 2000, quand le simple fait de tenir un blog était héroïque et rarissime,
  • un nombre incalculable d'études approfondissent le constat sans appel d'un "content fatigue syndrome". Trop de contenus, pas assez d'engagement, l'attention du consommateur sur-sollicitée.
Ce qui ne signifie pas qu'il n'y ait plus de place pour de nouveaux acteurs. Mais que ceux-ci soient plus rigoureux que jamais dans la conception de leur projet.
Il faut par conséquent d'emblée, que dès les 3 premières lignes de tout descriptif d'un nouveau projet de medium numérique, soit explicité ce en quoi il est potentiellement disruptif.

Qu'est-ce qui permet d'envisager réalistement qu'un nouveau support ait une chance de s'imposer ? 

La dimension collaborative du medium va dans le sens de l'histoire.
Elle peut constituer un atout critique : mais même sur ma propre idée de webTV dite "collaborative" force est de constater l'insuffisance du concept s'il n'est accompagné d'ingrédients structurants complémentaires.
J'ai dû à plusieurs reprises faire mon autocritique en réalisant, notamment, que la dimension communautaire ne suffisait pas à rentabiliser le site, aussi puissante que soit la dynamique au moment de l'amorce.
 
Il faudra donc par exemple si le site parle business et insights, ou qu'il s'adresse sur un sujet pointu à une clientèle experte, compléter le dispositif avec les aspects potentiellement différenciants que sont :
  • des Knowledge Labs - dans lesquels la dimenion interculturelle, et un réseau international de partenaires apportent une dimension encore suffisamment rare pour être prisée,
  • un réseau social conçu pour le rapprochement business entre des entreprises et leurs clients ou prescripteurs,
  • une offre de service et d'accompagnement pour les sociétés souhaitant développer une offre de valeur au sein même de la communauté collaborative qui est mise en avant : et cela doit être bétonné, rendu parfaitement crédible en se fondant sur des packages simples à comprendre et néanmoins exclusifs (difficiles à imiter),
  • un système permettant de générer des LEADS solides en fonction des univers éditoriaux dans lesquels les sponsors vont s'investir : sans un discours ultra ROIste, le projet mourra tout seul en deux mois. J'écris "LEADS" dans l'acception rigoureuse faisant référence à de stricts "intentionnistes d'achats" (surtout pas de fichier pipeau, c'est la mort du projet en 3 mois).
De façon générale la démarche d'un créateur de medium numérique qui débute a tendance à être tournée sur elle-même et, certes à bon escient au fond, sur la qualité de son offre éditoriale : ce tropisme est compréhensible et légitime car tout part de cet engagement sincère.
Mais dans le cas des camarades qui me consultent, je retrouve mon erreur des débuts : mes premiers business plans n'étaient pas suffisamment tournés vers une offre de valeur susceptible de créer un "WOW Effect" pour ceux qui allaient potentiellement financer son modèle économique.

Il faut donc impérativement expliciter le "WHY"

  • Passer du temps à s'imprégner des conférences TED de Simon SINEK : excellente source d'inspiration. « People don't buy what you do; they buy why you do it.  And what you do simply proves what you believe. »
  • Puis décrire scrupuleusement le HOW,
  • Et passer au développement du WHAT
  • Alors la description du modèle économique mettra la qualité de l'éditorial au service de cette vision. 
  • Compléter par le : WHO (créateurs dont il faudra mettre en exergue une exemplaire légitimité, accompagnés par une solide stratégie de constitution d'un pôle de contributeurs dans un univers numérique où doivent prédominer l'astuce dans l'échange, le troc, le gratuit autant que possible pour ne pas s'aliéner des charges dès le départ),
  • sans oublier le contexte temporel (votre vision et votre Insight n'est guère valable plus de 6 mois tant les choses vont vite : WHY NOW.
On doit comprendre dans ce document initiateur comment est créée la valeur :
  • Quel type de problématiques adresse-t-on aux yeux de l'audience ciblée d'un côté, 
  • et quel type de préoccupations (souvent très différentes) adresse-t-on aux yeux de ceux qui financeront les contenus de l'autre ? 
  • Quelles attentes est-on alors en mesure de combler ?


Insérer cette vision et ces réponses concrètes dans une vision systémique :

Vendre un concept aujourd'hui ne se limite plus à "résoudre un problème" même si c'est la condition sine qua non pour commencer à gagner en crédibilité. Et aussi puissant que soit le WHY de Simon Cinek, il ne suffira pas non plus à vous installer dans ce qui restar un eimmense jungle numérique tant que vous ne l'aurez pas déchiffrée en tant qu'écosystème logique.

Il faut être en mesure de déployer une vision d'ensemble de l'écosystème en question, et de toutes les parties prenantes.

Par exemple, même si c'est un bon début, "comprendre les clients" ne suffira pas : il faut aussi comprendre les attentes des clients de ses clients (fort logiquement : puisqu'il y a de fortes chances qu'ils constituent le coeur de l'audience dont on souhaitera acheter l'attention voire bien mieux : l'engagement). 

 

L'importance de formats ultra cadrés 

Dans le business plan, les sources de revenus doivent être associées à des produits qui ne soient pas formulés comme des propositions éditoriales, mais comme des "formats" bien cadrés. 
La pertinence éditoriale est supposée aller de soi comme "la " composante certes essentielle, argument de vente clé au démarrage : certes, mais pas suffisant à caractériser ce que les sponsors achètent concrètement.
Exemple : les sponsors achètent l'accès à tel niveau d'audience engagée et veulent être absolument certains que cette promesse peut être délivrée.

Je m'arrête là pour le moment et je propose de compléter ces propos à l'aune du meet up que nous allons organiser avec d'autres observateurs du monde des médias et des entrepreneurs du numérique.
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Et toc, voici mon feedback :
Ci-dessous, j'expose mes motivations auprès des organisateurs :


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Infos diverses
Lieu : Dans les studios de Webcastory
Format : Article
Traitement : Retour d'expérience
Secteur d'activité : Publications en ligne
Commentaire de Gilles Gouget : Deux coquilles : Mais que ceux-ci soient plus rigourxu que jamais dans la conception de leur prohjet.Un espace de trop : "la "Intéressante lecture au demeurant :) Commentaire de Frédéric BASCUNANA : Sympa merci Gilles :-)