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On m'a demandé ce que je pensais de ClubHouse - voici mon 1er feedback à ce stade de ma modeste exploration - je réponds en vidéo. Commenté ailleurs : sur Linkedin . Et puis un peu plus tard, après d'autres tentatives, j'ai ressenti des choses de moins en moins glorieuses, en voici donc la version textuelle (en fait, c'est le 2ème regard) :    Nous avions tendance à devenir l’ombre de nos réputations numériques, enfermés sous le cellophane virtuel du formatage, avides de cette séduction faite d’absence calculée et d’imposture triomphante : un profil de plus où étaler le mythe de nos éclatantes réussites. Nous n’étions que de fugaces impressions sans consistance - pas même celle d’une trace   digitale. Indignes de cette machine qui nous indique la voie d’une constante disparition- réapparition, tels des Sisyphe damnés par un vice réputationnel, plus soucieux de gagner des suiveurs que de pérenniser une quelconque création : l’absolue gratuité du geste avérée. Pardon les amis : j’essaye, mais je ne parviens pas à surmonter le vertige nauséeux que m’inspire ce nouveau medium, aussi astucieux soit-il.   N’avez-vous pas l’impression que le moteur de ces réseaux... Ce sont finalement nos névroses ?   En ce moment je suis tellement comblé que je me force à faire l’expérience (parce que mon métier m’y oblige, que je suis certes curieux et que je dois dois bel et bien produire du conseil) : pour la première fois en effet je n’y vais pas par besoin mais par devoir.   J’ai connu l’idéalisme, ou même l’idéalisation des premiers réseaux : quand les ficelles de la capturologie n’existaient pas, que la candeur des aspirations l’emportait sur le cynisme affligeant des critères de performance actuels.   Ce qui me laisse perplexe aujourd’hui, c’est que les utilisateurs n’ont plus l’excuse de ne pas savoir : et pourtant ils s’enferme vite dans cette fausse nouveauté d’opérette, ils abondent, déclarent allégeance sans une once d’orgueil, abdiquent tout esprit critique et se conforment, dans la bêtise lénifiante du rituel panurgique. J’ai ici l’impression que l’audience obtempère plus qu’elle ne se libère, qu’elle s’avilit plus qu’elle ne s’éduque  Et j’ai surtout l’impression de voir tout cela comme une vaste comédie humaine, qui a ceci de pathétique que les histrions de cette parodie de vie restent sagement confinés derrière leurs avatars : comme si, en devenant de plus en plus virtuel ce monde s’enlisait dans une complète déconnexion d’avec toute possibilité de vie bonne  Comme une résignation, un aveu d’échec, une renonciation à vivre. Je ressens comme une nausée - une saine sensation vomitive qui me souffle : « trop c’est trop »...   Mais...     Je me méfie de ma propre capacité à changer d’avis : je ne veux pas avoir l’air méprisant (quoiqu’à ce stade je puisse difficilement le contester), ceci est un premier regard que m’inspirent les premiers contenus que j’ai subis en me conformant moi-même à un exercice-carcan que je trouve absurde, ridicule, malsain. Incoercible ressenti.   Je garde espoir que d’autres parviennent à me réconcilier. J’essaye, je tiens le coup, OK. Mais ne comptez pas sur moi pour rentrer - une fois encore - dans les cases et mettre des hashtags dans ma bio pour résumer la complexité de mon parcours en quelques mots-clés quémandant quelque assentiment hypothétique. J’abandonne cette posture aux victimes du game et aux grands gagnant du mindset - et je conserve un esprit critique, ravi de n’obtenir que les quelques maigres suffrages de ceux qui font encore l’effort de lire et d’interroger le monde.
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Location : anywhere (anytime)
Format : Chronicle
Treatment : Return of experience
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On m'a demandé ce que je pensais de ClubHouse - voici mon 1er feedback à ce stade de ma modeste exploration - je réponds en vidéo.

Commenté ailleurs : sur Linkedin.


Et puis un peu plus tard, après d'autres tentatives, j'ai ressenti des choses de moins en moins glorieuses, en voici donc la version textuelle (en fait, c'est le 2ème regard) : 

 

Nous avions tendance à devenir l’ombre de nos réputations numériques, enfermés sous le cellophane virtuel du formatage, avides de cette séduction faite d’absence calculée et d’imposture triomphante : un profil de plus où étaler le mythe de nos éclatantes réussites.

Nous n’étions que de fugaces impressions sans consistance - pas même celle d’une trace  digitale. Indignes de cette machine qui nous indique la voie d’une constante disparition- réapparition, tels des Sisyphe damnés par un vice réputationnel, plus soucieux de gagner des suiveurs que de pérenniser une quelconque création : l’absolue gratuité du geste avérée.

Pardon les amis : j’essaye, mais je ne parviens pas à surmonter le vertige nauséeux que m’inspire ce nouveau medium, aussi astucieux soit-il. 

N’avez-vous pas l’impression que le moteur de ces réseaux... Ce sont finalement nos névroses ? 

En ce moment je suis tellement comblé que je me force à faire l’expérience (parce que mon métier m’y oblige, que je suis certes curieux et que je dois dois bel et bien produire du conseil) : pour la première fois en effet je n’y vais pas par besoin mais par devoir. 

J’ai connu l’idéalisme, ou même l’idéalisation des premiers réseaux : quand les ficelles de la capturologie n’existaient pas, que la candeur des aspirations l’emportait sur le cynisme affligeant des critères de performance actuels. 

Ce qui me laisse perplexe aujourd’hui, c’est que les utilisateurs n’ont plus l’excuse de ne pas savoir : et pourtant ils s’enferme vite dans cette fausse nouveauté d’opérette, ils abondent, déclarent allégeance sans une once d’orgueil, abdiquent tout esprit critique et se conforment, dans la bêtise lénifiante du rituel panurgique. J’ai ici l’impression que l’audience obtempère plus qu’elle ne se libère, qu’elle s’avilit plus qu’elle ne s’éduque 

Et j’ai surtout l’impression de voir tout cela comme une vaste comédie humaine, qui a ceci de pathétique que les histrions de cette parodie de vie restent sagement confinés derrière leurs avatars : comme si, en devenant de plus en plus virtuel ce monde s’enlisait dans une complète déconnexion d’avec toute possibilité de vie bonne 

Comme une résignation, un aveu d’échec, une renonciation à vivre.

Je ressens comme une nausée - une saine sensation vomitive qui me souffle : « trop c’est trop »...

 

Mais... 

 

Je me méfie de ma propre capacité à changer d’avis : je ne veux pas avoir l’air méprisant (quoiqu’à ce stade je puisse difficilement le contester), ceci est un premier regard que m’inspirent les premiers contenus que j’ai subis en me conformant moi-même à un exercice-carcan que je trouve absurde, ridicule, malsain. Incoercible ressenti. 

Je garde espoir que d’autres parviennent à me réconcilier.

J’essaye, je tiens le coup, OK.

Mais ne comptez pas sur moi pour rentrer - une fois encore - dans les cases et mettre des hashtags dans ma bio pour résumer la complexité de mon parcours en quelques mots-clés quémandant quelque assentiment hypothétique.

J’abandonne cette posture aux victimes du game et aux grands gagnant du mindset - et je conserve un esprit critique, ravi de n’obtenir que les quelques maigres suffrages de ceux qui font encore l’effort de lire et d’interroger le monde.


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